Réponse spécifique
L'immunité spécifique fait d'abord intervenir la production d'anticorps spécifiques. Il s'agit de médiation humorale qui maintient l’intégrité du milieu extra cellulaire. Elle provoque également la production de lymphocytes T cytotoxiques, qui sont des cellules chargées de maintenir l'intégrité des populations cellulaires en détruisant les cellules infectées par un virus ou modifiées par une mutation. Il s'agit de l'immunité à médiation cellulaire. Ces anticorps et lymphocytes sont inexistants ou en petite quantité au premier contact avec un antigène. Ils sont produits progressivement suite à la reconnaissance de l'antigène. Lors d'un deuxième contact avec cet antigène, des cellules dites “mémoire” permettent une réponse plus efficace en terme de rapidité, d'intensité et de durabilité.
L'immunité à médiation humorale :
Les anticorps (ou immunoglobines) sont produits par les lymphocytes B et les plasmocytes. Il en existe 2 types :
- les anticorps membranaires, qui sont les récepteurs immunitaires des lymphocytes B, fixés sur la membrane de ces lymphocytes (environs 100 000 par lymphocyte) et chargés de la reconnaissance des antigènes.
- les anticorps circulants, qui sont des effecteurs de l'immunité spécifique.
L'organisme peut reconnaître des millions d'antigènes: ainsi il capable de produire autant d'anticorps que d'antigènes susceptibles d'être reconnus. Il existe des millions de types de lymphocytes B (ou clones) car chaque clone ne peut reconnaitre qu'un seul antigène.
Voici les principales étapes du clonage des anticorps :
- Phase de sélection clonale : lorsque l'antigène est introduit dans l'organisme, il est reconnu par un clone de lymphocytes B.
- Phase d'expansion clonale : ce clone de lymphocytes B est activé et se reproduit.
- Phase de différenciation : ce clone de lymphocytes B se transforme en plasmocytes sécréteurs d'anticorps et en lymphocytes B mémoire.
Les anticorps synthétisés par les plasmocytes et les anticorps membranaires des lymphocytes B reconnaissent les mêmes antigènes. De plus, les interleukines stimulent la prolifération des lymphocytes B et la production d'anticorps par les plasmocytes.
Les anticorps forment avec les antigènes des complexes moléculaires antigène-anticorps appelés complexes immuns. Ils sont ensuite détruits par phagocytose, ou par un système complexe de protéines qui forme le complément, ou par les lymphocytes T tueurs. Dans chacun de ces cas, l'élimination des antigènes résulte d'une coopération entre cellules de l'immunité innée et de l'immunité acquise.
L'immunité à médiation cellulaire :
Ce sont des lymphocytes précytotoxiques qui sont à l'origine de l'immunité à médiation cellulaire. Ils reconnaissent une cellule infectée ou modifiée grâce à leurs récepteurs T, puis se multiplient et se différencient en lymphocytes cytotoxiques qui iront se fixer sur les cellules cibles pour les détruire.
Ce sont les 2 systèmes principaux qui stoppent l’infection dans l’organisme. Mais ils peuvent endommager les cellules saines à cause de l’hyperactivité des cellules immunitaires due à une très grande prolifération de l’élément infectieux. C’est pourquoi il existe des systèmes de sécurité comme celui qui est contrôlé par les lymphocytes T suppresseurs. Lorsque l’infection est terminée, ces lymphocytes T suppresseurs rentrent en action, et inhibent l’activité des lymphocytes T de tous types et aussi celle des lymphocytes B.